Satohnkaria’ks ken?

une exposition en vitrine par Aaron Rice

« L’élan derrière ma recherche dans la collection documentaire d’Artexte débute avec la question « Pour quoi avez-vous faim? » Cette idée d’exploration de la  faim chez les autochtones est née lors de ma participation à une résidence au Musée d’Anthropologie de Vancouver en 2023, durant laquelle j’ai interagi avec des objets de la collection ayant appartenu aux ancêtres de ma nation, dans l’intention d’y ouvrir un dialogue. C’est ce qui m’a poussé à réfléchir à l’élaboration d’une installation évoquant la soif de connaissance et de langage. La faim peut dire plusieurs choses ; ma recherche ici n’est qu’un début et elle demande d’être poursuivie plus en profondeur. Ceci m’amène au travail réalisé par des artistes et penseurs, mais aussi par des gardien·nes du savoir, et celleux qui oeuvrent  au travail de survivance. Je pense à la manière dont  les peuples autochtones sont connectés à la terre, à la nourriture et aux rituels. Comment ces désirs et besoins se manifestent à travers ces actions, ces mots et l’art. Je ne suis certainement pas la seule personne qui ressent ces élans et ces désirs qui persistent, qui hantent l’esprit et le corps. Il y a définitivement un chevauchement entre l’art, l’activisme et la subsistance, que je souhaite explorer. Les questions de nourrir la faim, de profond désir, et de réalisation des souhaits me remplissent la tête. 

Songeant à une manière de regarder et d’élaborer une stratégie afin de trouver des réponses à mes questions, j’ai débuté ma recherche en consultant des documents sur des œuvres avec lesquelles j’étais déjà familier. Cela m’a amenée à participer  à un atelier de poterie Haudenosaunee, à des expériences artistiques en direct et à assister à une conversation sur les enseignements du maïs avec l’aîné Mohawk Tom Porter. Je suis reconnaissant de cette opportunité de recherche, de questionnement et de contemplation. En tant qu’artiste et commissaire autochtone, je relève le défi d’observer, de rassembler et de réagir. J’interagis avec les archives, les photos, les mots et par la création. Pour souligner la fin de cette résidence, je présente une sélection d’ouvrages, une discussion, une performance ainsi qu’un moment de partage autour de la nourriture. Les publications choisies parlent de la faim sous une perspective autochtone. »

 

Aaron Rice