Photo : Katya Konioukhova

Guillaume Brisson-Darveau @ Artexte

Automne 2023/Hiver 2024

Dans le cadre de mon projet de recherche au sein de la collection d’Artexte, je m’intéresserai aux productions artistiques et à tout autre matériel qui abordent et témoignent de l’expérience associée au VIH/sida. Ce projet me permettra d’explorer comment ces artistes, écrivain.e.s et activistes se confrontent aux représentations culturelles du virus pour créer leurs propres représentations et en quoi cette démarche réside dans un processus d’agentivité.
Dans un contexte général d’indifférence quant aux enjeux actuels liés au VIH/sida, je souhaite réactiver cette mémoire et examiner ce silence ainsi que ce qui l’alimente, soit le deuil, la peur, la culpabilité et le fait que la maladie ne soit plus mortelle – du moins dans les pays riches. À partir de mes explorations, je cumulerai des notes, des photographies et des extraits de texte, dont j’imprimerai ultérieurement des fragments, sur des tissus, pour réaliser des vêtements. Je constituerai une forme d’archive portable, tels une peau, un corps ou une mémoire qu’on enfile. L’ensemble de ce processus est une manière de m’inscrire dans une filiation plus globale en revêtant les marques laissées par d’autres.
 

 

Guillaume Brisson-Darveau est un artiste et un chercheur vivant à Tiohtià:ke/Mooniyang/Montréal. Ses plus récents projets ont été fortement influencés par une réflexion sur le corps, le corps hybride et la représentation du corps transformé dans nos sociétés contemporaines. Les œuvres qui émergent de cette recherche se trouvent au carrefour de la sculpture, de la performance et de la mode. Par l’entremise de ces images et de ces formes, il tente de décrire une condition humaine et sa complexité, afin de rendre compte d’un monde rempli de possibles, de désirs et de peurs.
Son travail a été présenté au Canada et à l’international, notamment dans le cadre de la Biennale nationale de sculpture contemporaine (BNSC) de Trois-Rivières (2022, Canada), à Engramme (2021, Canada) et au Museo de Arte Contemporáneo — Parque Forestal (2018, Chili). Il a réalisé de nombreuses résidences d’artistes, entre autres à la NARS Foundation (États-Unis, 2021), au cheLA Centro Hipermediático Experimental Latinoamericano (Argentine, 2019) et à l’Atelier Mondial (Suisse, 2018). Il poursuit actuellement un doctorat en études et pratiques des arts à l’UQAM; sa recherche s’articule autour du témoignage de l’expérience du « trouble » à travers une pratique matérielle.