Josie Spalla pour la AGYU, 2021

La galerie d’art de l’Université York présente : Desire Lines. Mapping the Metadata of Toronto Arts Publishing

En ligne

Les vendredis 26 février, 26 mars, 30 avril 2021 + à déterminer — 14 h à 15h30

Artexte est fier de collaborer avec la Art Gallery of York University pour vous présenter la série de conférences Desires Lines en guise de prélude à notre future exposition Lignes de désir // Desire Lines: Displaced Narratives of Place commissariée par Felicity Taylor. Desire Lines. Mapping the Metadata of Toronto Arts Publishing est organisé par Felicity Tayler (Doctorante, chercheuse, directrice par intérim et soutien à la recherche à la Bibliothèque d’arts et les collections spéciales de l’Université d’Ottawa), Michael Maranda (conservateur adjoint à l’AGYU), ainsi que Faith Paré (poète et performeuse), et dont la participation a été rendue possible par Spoken Web.

Nous soutenons également cette série au travers de nos services de recherche et l’accès à notre collection physique et numérique. La recherche de Felicity Tayler portant sur les espaces sociaux, politiques et géographiques de l’édition de magazines canadiens des années 1970 et 1980, celle-ci trace ainsi de nouveaux territoires de connaissance à l’intérieur et autour de la collection d’Artexte. 

 

 

Organisé et présenté par la Art Gallery of York University :

« Desire Lines explore la trajectoire de l’édition de magazines artistiques à Toronto à partir des années 1970 et au-delà, un espace ayant toujours été traversé par des lignes de désir. Cette série de conférences utilise pour point de départ un diagramme de réseau généré par algorithme de publication de métadonnées afin de raconter des récits autour de souvenirs personnels. Ces métadonnées décrivant les personnes et les organisations produisant ces numéros de magazines, ces dernières peuvent-elles servir de fil conducteur pour y découvrir des liens cachés? Quelles histoires pouvons-nous raconter en lisant les nœuds (les points représentant des gens ou des numéros et de magazines), et les contours (les liens entre ces nœuds; les lignes de désirs propres) comme des verbes ?

Ensemble, les récentes conférences ayant pris place à Toronto (This is Paradise au U of T Art Centre en 2015, State of Blackness à l’OCAD en 2014, et The Ecology of an Art Scene: Paris-Toronto Series à la Canadian Art Foundation en 2013), ainsi que les expositions (Form Follows Fiction au U of T Art Museum en 2016, Tribute + Tributaries à la AGO en 2016, Is Toronto Burning? à l’AGYU en 2014, ainsi que Migrating the Margins à l’AGYU en 2017) ont révélé un récit commun de la pratique créative à Toronto, soit le refus d’une avant-garde singulière (ou tradition dominante) qui se concrétise par la présentation simultanée de multiples histoires, chacune reposant sur une évidence de dissimulation, d’absence ou de lacunes. En même temps, ces évènements ont encadré l’histoire récente de Toronto au travers des trajectoires de figures charismatiques clés reconnues comme étant fondamentales à la scène, des attracteur.trice.s qui ont réuni les ressources nécessaires pour établir des collectifs et émettre des publications.  

Cependant, la série de conférences Desires Lines a pour conviction que ce ne sont pas les figures canoniques qui sont importantes, mais plutôt le réseau que produit une collectivité cumulative. Ce sont les traces physiques de ce réseau qui nous permettent de voir que la scène torontoise était (et continue à se former comme) un réseau, et non pas comme des individu.e.s. Par exemple, à travers ce cadrage alternatif, nous constatons que le/la stagiaire travaillant simultanément sur plusieurs magazines peut être plus révélateur.trice à la cohésion de la scène, que ces noms “importants” que nous avons l’habitude d’entendre et de lire. 

Au fil des discussions, la série soulignera comment la pratique de l’édition a toujours été une structure en réseau, un lien de relations sociales et d’organisation des artistes qui se poursuit jusqu’aujourd’hui. Grâce à ce recadrage viendra une promesse spéculative de construire les outils pour raconter nos histoires de manière à contrecarrer les histoires charismatiques guidées par la personnalité.

Au lieu d’un récit de la scène et des soirées, nous espérons retracer les modes de production matériels à travers une inscription d’objets physiques dans une archive éphémère. Chaque conférence répondra à une série d’objets matériels (livres, magazines, vidéos) qui agiront comme des cryptogrammes pour inciter au rappel de la mémoire. Une visualisation, rendue possible par les données structurées décrivant la production matérielle de Fireweed, Fuse et Border/Lines, servira également d’espace projectif à la construction de récits situés. Les questions adressées incluent : est-ce qu’un espace imaginaire de communauté survient lorsque les gens publient ensemble à plusieurs reprises ? Cet espace culturel imprimé du passé résonne-t-il avec les sensations actuelles de communauté dans les espaces virtuels ? Cet imaginaire social partagé a-t-il un rapport avec un espace géographique réel ? Qu’est-ce que cela signifie de penser au récit d’une ville, comme Toronto, lorsque ce processus narratif est déplacé dans des séminaires Zoom ? Qu’elle mythologie ou histoires résonnent au-delà de la localité ? Lesquelles ne résonnent pas et pourquoi ? »

AGYU